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Un peu d’histoire : la lunetterie Made in France…. Made in Jura

Un peu d’histoire ça fait pas de mal, surtout quand elle est Made in France, nous, on adore ! Aujourd’hui nous partons sur les traces de la belle histoire de la lunetterie française. Même si nous n’avons pas inventé les lunettes, deux cents ans après sa création, notre industrie est plus que jamais présente partout dans le monde, défendant l’excellence française intégrant créativité et technologie.


lunettes-caseauxEn effet, même si l’on n’a pas inventé les lunettes, c’est en 1796, à Morez dans la du Haut-Jura, qu’un maître cloutier du nom de Pierre-Hyacinthe Caseaux réalise une première monture en fil de fer. Le travail du métal est en effet, depuis le XVIe siècle, la spécialité des artisans du Haut-Jura installés sur les bords de la Bienne. Il ouvre la voie à une nouvelle génération d’industriels, qui à partir des années 1830 rencontre un véritable succès avec ces lunettes en fil métallique.

atelier lunetteriePeu à peu se crée une véritable industrie. En l’espace de 20 ans, de 1826 à 1848, la production des ateliers moréziens passe de 3 000 pièces à 720 000. L’ascension se poursuit à grande vitesse puisqu’elle atteint 11 millions de pièces en 1882 et fait vivre toute une région grâce à des dizaines d’entreprises. En 1900, grâce à sa réputation de qualité et de créativité, Morez s’est imposée comme la capitale de la lunetterie française.

La véritable expansion de l’industrie française de l’optique-lunetterie se produit à partir du milieu du XIXe siècle, lorsque les technologies du premier âge de l’ère des machines apportent aux artisans de jadis les moyens d’un réel développement industriel. C’est ainsi qu’on verra apparaître dans le Haut-Jura de véritables dynasties de lunetiers.

Gouv/Au

Gouverneur Audigier est l’une des plus anciennes lunetteries françaises en activité. Aujourd’hui, elle poursuit son activité à l’adresse où Clément Gouverneur a fondé cette maison en 1878, en utilisant les technologies d’origine.

Au début des années 20, une région voisine, jusque-là réputée pour ses fabriques de peignes, plonge à son tour dans l’industrie de la lunette. C’est le point de départ de l’immense succès des productions d’Oyonnax où l’expansion est d’ailleurs plus rapide qu’à Morez puisqu’en moins de trente ans, la lunetterie d’Oyonnax dépassera celle de Morez , devenant pour quelques années le premier producteur mondial de lunettes.

entreprise lucal Oyonnax

Visite de la lunetterie Lucal, implanté à Oyonnax à l’occasion de la quatrième étape du tour de France du made in France www.tourdefrancedumadeinfrance.fr

Les deux bassins voisins, distants d’à peine cent kilomètres ont cependant une « culture lunetière  » fort différente pour la simple raison que Morez est la patrie des montures en métal tandis qu’Oyonnax est le grand spécialiste des lunettes en plastique. L’explication est simple : les lunetiers moréziens ont pour origine les cloutiers spécialistes des fameuses ‘Pointes de Paris  » tandis qu’à Oyonnax, depuis le 18e siècle, des générations de  » peigneux  » travaillent la corne, puis le celluloïd et l’acétate.

L’histoire des verres suit un cheminement parallèle à celui de l’évolution des montures, même s’il s’agit d’une technologie plus proche du domaine scientifique que de l’industrie de main-d’œuvre. La technologie a relativement peu évolué jusqu’à une histoire récente, c’est-à-dire, la moitié du XXe siècle.

L’industrie française se segmente alors en deux domaines distincts : les verres d’un côté avec l’émergence d’un géant français du verre correcteur et les lunettes de l’autre, avec l’ascension des lunetiers d’Oyonnax.

lunettes made in jura

Du côté des verres, on assiste à une progression fulgurante de la technologie avec l’avènement de nouveaux verres révolutionnaires comme le premier verre organique « Orma 1000 » de Lissac et surtout le fameux « Varilux » inventé par Bernard Maitenaz et lancé par la société des Lunetiers (SL) en mai 1959, verre qui constitue une véritable révolution pour les presbytes et dont le succès, 40 ans plus tard, ne se dément pas. D’ailleurs, en 1972, les deux sociétés Lissac et Essel fusionnent pour former le groupe Essilor qui deviendra en quinze ans le numéro un mondial de l’optique oculaire. En 1974, Essilor emploie déjà 5000 personnes et l’exportation représente près de 48% de son chiffre d’affaires. Et au début des années 2000, la France détient le leadership du marché mondial du verre avec les performances remarquables d’Essilor.

Recherches sur les traitements sous vide pour améliorer les performances antireflet, antistatiques, anti UV, antibuée au centre de production ESSILOR à Antony

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La lunetterie française a su gardé intact son pouvoir de créativité et les consommateurs, qui sont devenus exigeants, ont appris à faire la différence avec les « Lunettes de France ».

En 2014, la lunetterie française est issue à 80% de la région du Haut-Jura et de ces entreprises qui subsistent avec une qualité d’artisanat, de savoir-faire et de créativité inestimable ! 10 millions de montures sont produites chaque année à Morez dont plus de la moitié sera destinée à l’exportation vers plus de 40 pays du monde. Si seulement 10% des lunettes vendues en France sont produites sur l’hexagone, il y a néanmoins une vraie reconnaissance du savoir-faire français dans le monde entier !

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Sources textes :

Et si vous souhaitez en savoir encore plus sur la lunetterie française (oui, c’est possible…) direction le Musée de la Lunette à Morez

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